MISE AU POINT

La petite claque du Nikon Film Festival remporte le Grand Prix du jury

Les résultats du Nikon Film Festival sont tombés. Pour cette 8ème édition c’est le court métrage de Léo Bigiaoui, un de nos coups de coeur, qui a été récompensé par le Grand Prix du jury. 

Un film qui aborde des thèmes graves

Comment décrire “Je suis une blessure” ? Il s’agit d’un film sur le traumatisme qui se cache quelque part au fond de chacun d'entre nous. Il rend compte intelligemment de la fracture qu’ont causé les évènements tragiques que la France a traversé avec les attaques de Charlie, du Bataclan, des terrasses à Paris et de la promenade des Anglais à Nice.  Mais plus que de montrer une douleur vive et spectaculaire, ce court-métrage se concentre sur les côtés insidueux de la situation. Le réalisateur cherche alors à retranscrire un sentiment de danger imminent que beaucoup d’entre nous ont pu ressentir, souvent sans fondement. Léo Bigiaoui dépeint également les effets vicieux de ces blessures. On entre alors dans la tête d'une passagère du métro chez qui un simple paquet a suffit à déclencher une profonde angoisse. Ce film baigne dans un climat de méfiance et c'est ce malaise qui est finalement le sujet de ce court-métrage, qui traite moins d'une blessure que de la marque indélébile qu'elle a laissé dans nos esprits. 

 

“Je suis une blessure” de Léo Bigiaoui

 

Une incroyable justesse dans l'approche 

L’approche choisie ici est pensée de manière à ce que chacun d’entre nous se reconnaisse dans la situation. En 2 minutes et 20 secondes, la justesse de l'angle est saisissante. Avec des sujets d'actualités graves ou très chargés émotionellement il est facile de se perdre, d'oublier la nuance et de s'enfoncer dans quelque chose de très manichéen. Ce n'est pas le cas ici. La vraie force de ce film est ne pas avoir de parti-pris et d'être dépourvu de jugement de valeur. Le rythme auquel évolue l'histoire est tel que l’on est happé. La réalisation est suffocante. L’oppression du personnage est si palpable que même en tant que spectateur, on a qu’une envie, c’est sortir de cette rame. Mention toute particulière au sound design, récompensé du prix du meilleur son, qui accentue à merveille cette ambiance.

Nous avons donc un film ancré dans une réalité dont on ne parle que trop peu. "Je suis une blessure" nous met face à un problème de la manière la plus brute qu’il soit. L'objectif est de nous faire réagir et le pari est complètement réussi. 

16 Feb 2018 par Elias Khatal

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01 Jun 2018 par Alexandre Nessler

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