MISE AU POINT

La photographie au service de la lutte contre l'intolérance

L’engagement bénévole par la photographie

La photographie peut remplir plusieurs fonctions selon son utilisation. Elle peut être une preuve, dans le cadre juridique par exemple, lors d’une enquête. Elle peut être un art, lorsqu’elle est exposée dans un musée ou une galerie. Enfin, elle peut aussi constituer un média, un moyen de communiquer ou de faire passer un message. Dans le projet « I’m tired », initié par deux étudiantes de l’Université de Nottingham en 2015, la photographie est toutes ces choses à la fois. The I’m Tired Project a pour objectif de dénoncer l’intolérance dont peuvent souffrir certaines personnes. L’engagement se fait par la photographie d’un message rédigé directement sur l’épiderme de la personne molestée au quotidien. La personne qui témoigne d’une forme d’intolérance subie devient alors une preuve : la preuve d’une injustice et d’un mal-être. Son message écrit dans le dos et sa posture font de la photographie un média, et la subtilité de la démarche ajoutée à la profondeur de la réflexion en fait un art.

Les photographies sont partagées sur le compte Instagram TheImTiredProject. Le mouvement entretien aussi un site internet et un compte Facebook autour du projet. Les personnes prenant part à ce projet sont majoritairement exposées à du sexisme, du racisme ou de l’homophobie.  

Des clichés qui en disent long

Des images en noir et blanc, des personnes de dos, le torse nu. Un message clair écrit en gras au pinceau, et une posture, qui dessine un dévoilement pudique de l’intimité de la souffrance. Les photographies sont très stylisées et mettent en avant la beauté qui se trouve dans la confession. Il y a là la volonté de briser la honte qui existe parfois au moment d’avouer que l’on souffre. De la part des hommes, notamment, qui « ont trop peur de paraître vulnérables, ou ont l’impression de ne pas avoir assez à partager », selon les fondatrices, Paula Akpan et Harriett Evans. Elles précisent d’ailleurs que « tout le monde est le bienvenu ». Les messages commençant par les mots I’m Tired of J’en ai marre » en français) font état d’un ras-le-bol sur les remarques stéréotypées auxquelles sont confrontées des personnes partout à travers le monde. C’est d’une forme de harcèlement moral dont souffre ces personnes, car les situations décrites ne sont peut-être parfois « que » gênantes si elles n’ont lieu qu’une fois, mais par la répétition de celles-ci et des jugements qui les accompagnent, la pression sociale devient insupportable et le mal-être s’installe.

Ayant beaucoup fait parler et compté très rapidement de nombreux adhérents, le projet est toujours en cours et les comptes Facebook et Instagram postent environ deux nouvelles photos par semaine. Certaines photographies ont même été exposées en 2016 au centre d’art contemporain Hudson Valley, à New York, et le mouvement reçu la même année un prix Points of Lights en reconnaissance du travail bénévole accompli ainsi que de son impact.

The I'm Tired Project

© : The I'm Tired Project

The I'm Tired Project

© : The I'm Tired Project

The I'm Tired Project

© : The I'm Tired Project

The I'm Tired Project

© : The I'm Tired Project

The I'm Tired Project

© : The I'm Tired Project

The I'm Tired Project

© : The I'm Tired Project

The I'm Tired Project

© : The I'm Tired Project

The I'm Tired Project

© : The I'm Tired Project

The I'm Tired Project

© : The I'm Tired Project

The I'm Tired Project

© : The I'm Tired Project

The I'm Tired Project

© : The I'm Tired Project

The I'm Tired Project

© : The I'm Tired Project

20 Apr 2018 par Alexandre Nessler

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