INSPIRATION

[INTERVIEW] Sebastian Erras et son projet "Parisian Floors"

Sebastian Erras est un photographe d’intérieur installé à Paris, passionné par l’architecture et le design. Il est aussi le créateur du très original et populaire compte Instagram nommé « parisianfloors », auquel plus de 167 000 personnes sont abonnées dans le monde. Il faut reconnaître que les photos sont agréables à parcourir. Le principe est simple : le jeune photographe répertorie avec son appareil photo les plus beaux sols de Paris (et de quelques autres villes ponctuellement). Les clichés ne montrent que les pieds de l’artiste, parés bien souvent de belles chaussures de villes, et les parterres des lieux qu’il fréquente.

C’est un voyage à travers différents décors et différentes ambiances que propose le défilé des photos sur le compte Instagram. Les surfaces sur lesquelles il marche dans les halls et les couloirs parisiens s’habillent en mosaïques abstraites ou réalistes, aux motifs kitchs ou art déco, et dans bien d’autres styles encore. Les plans sont souvent symétriques, colorés et constituent une véritable invitation aux flâneries dans les monuments architecturaux.

L’ingénieux photographe allemand a accepté de répondre à nos questions dans un entretien que nous vous partageons dans cet article :

Bonjour Sebastian, pour commencer, quand est-ce que ta passion pour la photographie de sols est-elle apparue ?

L’idée de photographier les sols m’est venue après un voyage à Marrakech où j’ai visité Bahia Palace. Là-bas, j’ai trouvé de très beaux sols en mosaïques et j’ai commencé à les prendre en photo pendant que je visitais les monuments. J’ai inclut mes pieds dans les photos pour montrer qu’il s’agissait bien de sols.Je travaille beaucoup à Paris, je fais des shooting d’intérieur, et quand je suis revenu à Paris j’ai commencé à remarquer tous ces différents carrelages et ces mosaïques colorés dans les halls, les restaurants, les galeries et les cafés. Donc j’ai commencé à faire pareil ici et c’est à ce moment-là qu’est née l’idée du compte Instagram « parisianfloors », lancé en mai 2015. Depuis, je parcours le monde à la recherche de beaux parterres.

Quelles techniques utilises-tu pour arriver aux images finales que tu publies ?

Ma technique est assez basique. J’essaie d’obtenir la meilleure photo possible sur place. Je m’assure d’avoir suffisamment de lumière, ce qui implique de trouver un endroit idéal sans point chaud ni ombres ou d’ajouter un flash pour une meilleure luminosité des halls sombres. J’essaie de m’assurer que l’image soit nivelée au mieux, de façon à ne pas perdre trop d’espace en croppant ou en nivelant sur Lightroom. Je préfère utiliser une lumière naturelle quand je le peux, un des plus grands enjeux est d’ailleurs de me placer face à la source pour éviter que mon ombre n’apparaisse sur les photos. Une fois la photo prise, je nivelle et je croppe sur Lightroom. J’ajuste la balance de blancs et je supprime les parties qui posent problème, comme les chewing-gums, les feuilles ou les mégots de cigarettes sur le sol. Ensuite, l’image est redimensionnée, nommée et chargée dans mon cloud.

Quel est ton logiciel d’édition favori ?

Je fais tous les travaux sur Lightroom ou sur Photoshop. J’utilise 90% du temps Lightroom pour l’édition, comme je prends tous mes clichés en RAW, et je ne vais sur Photoshop que si je dois réparer certaines choses ou bouger certains objets.

Quelle modèle d’appareil photo utilises-tu ? Quel objectif ?

J’ai un Canon 6DII avec un objectif grand angle 16-35/4, dont je me sers pour tous mes shootings. Parfois, j’ajoute un fash externe pour avoir de la lumière supplémentaire lorsqu’il fait sombre ou qu’il y a une lumière difficile à traiter.

Comment trouves-tu les sols que tu photographies ?

Au début c’était vraiment facile de trouver des sols à photographier car il y en a partout. Mais après 3 ans, ça devient un peu plus difficile. Maintenant je prends beaucoup plus de temps pour trouver de bons endroits. En général, je me rends dans des quartiers ou des rues que je n’ai pas encore visitées. J’essaie de m’y rendre le matin ou en fin d’après-midi, pour avoir plus de chances de voir les portes des bâtiments ouvertes. Le matin je rencontre de sympathiques portiers qui me laissent entrer et les après-midis c’est plus facile aussi car les enfants rentrent de l’école avec leurs parents.

Visiter des restaurants ou des cafés est aussi un bon point de départ pour trouver un sol intéressant. Heureusement, j’ai beaucoup de followers maintenant qui m’envoient de temps en temps des images de sols qu’ils ont dans leurs bâtiments ou qu’ils ont trouvés. Ça m’aide aussi.

Quelle ville est la ville la plus inspirante que tu as visité ? Pourquoi ?

Je préfère découvrir de nouvelles villes. J’adore arriver dans une ville sans savoir ni à quoi m’attendre ni ce que je recherche. Ça ouvre davantage les yeux et ça permet d’explorer quelque chose de totalement nouveau.

Cuba est la ville qui m’a le plus inspiré pour mes photos. Le nombre de sols que l’on peut trouver là-bas est juste incroyable.

Est-ce que tu choisis les chaussures que tu portes en fonction du sol que tu photographie ?

Oui, le but c’est de varier et d’assortir les chaussures aux sols le plus possible. Chaque fois que je pars à la chasse aux sols j’essaie d’emmener avec moi au moins une ou deux paires de chaussures de rechange.

Cela t’arrive-t-il de rentrer dans des poteaux ou des passants dans la rue, vu que tu regardes constamment par terre ?

(Rires) Par chance ça ne m’est pas encore arrivé ! Mais parfois des personnes me reconnaissent à mes chaussures c’est assez marrant !

 

09 May 2018 par Alexandre Nessler

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