INSPIRATION

La photographie contre le plastique dans les océans

La photographie comme moyen d'avertissement

Si par définition la photographie sert à immortaliser un moment qui dès lors se retrouve dans le passé, cela n’empêche pas l’artiste Mandy Barker de s’en servir pour représenter le futur, qui ne s’annonce pas merveilleux, d’ailleurs. Ses photographies de débris plastiques flottant dans les airs pourraient bien ressembler aux photos sous-marines de nos océans dans quelques années. La démarche est claire, celle d’une photographe engagée pour l’écologie bien décidée à sensibiliser la population au problème de la pollution des océans par le plastique. Elle espère, par son travail, créer l’émotion en plaçant le public face à la contradiction qui se forme entre l’esthétique de ses compositions et le pessimisme de son message.

mandy barker

Le plastique est un fléau pour les océans

Sur 220 millions de tonnes de plastiques produites chaque année, 6,5 millions sont déversées dans les océans. Les déchets plastiques sont érodés par l’eau et finissent par devenir des micro particules ingérées par la faune marine, ce qui a pour effet d’accélérer sa disparition. Les zones dans lesquelles le plastique est trop présent se retrouvent, à cause de cela, avec de moins en moins d’oxygène, à tel point que la vie y est impossible. Ces zones sont appelées les zones mortes, il y en a environ 500 dans le monde à l’heure actuelle, formant une surface totale de 245 000 km², soit à peu près la taille du Royaume-Uni, pays d’origine de Mandy Barker.

Un travail sur le terrain, au plus près des conséquences désastreuses

La photographe engagée accompagne depuis quelques années les scientifiques et les associations environnementales qui parcourent les océans en essayant de quantifier la présence du plastique qui pollue gravement la planète et en cherchant à alerter la population mondiale de l’ampleur du problème. Elle rapporte de ces expéditions d’énormes quantités de déchets flottants et s’en sert pour la production de ses photographies. Pour son travail intitulé Penalty, elle a collecté 769 ballons de football récupérés dans les océans en seulement 4 mois dans 41 pays différents. En photographiant les balles une par une et en imitant la flottaison dans l’eau par retouche Photoshop, elle est parvenue à recréer d’immenses tourbillons de cadavres de ballons faisant ressortir une multitude de couleurs dans l’obscurité de ses cadres. Son travail fut publié en pleine période de coupe du monde de football 2014. Le ballon est un symbole de la pollution océanique pour Mandy Barker. C’est en effet l’un des objets les plus présents dans les eaux du monde. La forme sphérique peut d’ailleurs lui octroyer un rôle de métaphore de la planète bleu en agonie dans un futur proche et placer les humains face à leurs responsabilités.

mandy barker

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Il est nécessaire et même urgent que l’Homme réussisse à mieux gérer ses traitements des déchets plastiques et qu’il arrive à réduire la quantité abandonnée de ce matériau dans l’eau. Un autre facteur de pollution des océans par le plastique, ce sont les catastrophes naturelles, la dernière en date étant le Tsunami dévastateur au Japon en 2011. Pour un autre de ses travaux, l’artiste britannique est partie à la recherche des débris emportés par l’énorme vague. Elle les a retrouvés, les a photographiés et a réalisé cette fois-ci une série de clichés à vocation d’hommage aux victimes du Tsunami. Les débris flottant sont dans ses photos les traces des vies perdues durant la catastrophe. La démarche écologique est quand même entrée en compte puisque certaines photographies donnent une apparence de bancs de poissons aux débris de plastique, alors que ce sont bien eux les principales victimes de la pollution des océans.

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Crédit Photos : Mandy Barker

25 Apr 2018 par Alexandre Nessler

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