INSPIRATION

Le génie esthétique absurde des photos de Charlotte Abramow

Quand, à 7 ans, on s’amuse à prendre en photo ses copines dans la cour de récré avec l’appareil photo jetable de la famille, s’attend-t-on à devenir, quelques années plus tard l’une des figures de montante de la photographie ? Cette question, c’est à Charlotte Abramow qu’il faut la poser. Le nouveau phénomène de la photo a su créer et imposer, en très peu de temps, son univers graphique, coloré et léger. Arrivée à Paris en provenance de Bruxelles en 2013, elle s’est très rapidement fait une place sur la scène artistique. À la fois, photographe et réalisatrice, à 24 ans elle enchaîne les projets qui sont systématiquement encensés par la critique. Focus sur l’un des grands noms de demain !

L’esthétisme absurde

Quand on regarde les clichés de la Bruxelloise, il y a quelque chose qui nous interpelle systématiquement. La composition de ses images est toujours soignée, les couleurs sont chatoyantes, mais on retrouve toujours un élément volontairement décalé. Si on met tout ça dans un shaker, on obtient des clichés très esthétiques et travaillés, mais qui paraissent complètement surréalistes. Qu’il s’agisse des nombreux portraits qu’elle a réalisé, ou de séries comme Metamorphosis, où elle explore le développement de la féminité chez les jeunes filles, ou la très touchante Maurice, en hommage à son papa, il y a un dénominateur commun : ce décalage ! L’artiste a ancré dans l’ADN de sa photographie cet esthétisme absurde qui donne à son travail une incroyable fraîcheur. 
Dès lors, si on plonge dans cet univers absurde, on trouve également différentes thématiques chères à la photographe comme le rapport au corps, la féminité. Le monde de Charlotte Abramow gravite alors autour de ces questionnements à la fois psychologiques, philosophiques et sociaux. Ceci se traduit non seulement par une œuvre aux accents féministes complètement en phase avec les mouvements d’émancipation qui ont éclos ces dernières années, mais aussi par des images intelligentes, qui nous parlent à tous. Son dernier coup d’éclat a été d’ailleurs été la réalisation du clip des “Passantes” de Georges Brassens. Censuré pour représentation suggestive d’une vulve, mais acclamé, par la critique comme son public, le clip est une succession de tableaux extrêmement photogéniques qui condensent en 4 minutes et 16 secondes l’identité de la jeune photographe. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Crédit Photo : Charlotte Abramow

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