SOCIÉTÉ

Logements étudiants : trouver un appart’ ce n’est plus mission impossible !

Crédit image : Comic Book Movie

Se loger dans une grande ville quand on est étudiant ? Pas si simple. Entre les budgets serrés, les loyers élevés et la pénurie immobilière, trouver un toît est un vrai casse-tête. En dépit des 27 144 logements sociaux créés grâce au “Plan 40 000 logements étudiants pour 2017 de Najat Vallaud-Belkacem, et des 13 121 nouveaux logements qui seront livrés avant fin 2017, de nombreux étudiants peinent encore à trouver un appartement. En effet, 1 million d’étudiants feraient une demande de logement auprès du CROUS chaques année. Puisque les places manquent dans les résidences étudiantes, il faut trouver d’autres moyens pour se loger à moindre coût. Colocation solidaire, plateformes d’entraide, construction de logements à prix réduit... Il semblerait qu’aujourd’hui, trouver un logement étudiant ne rime plus avec parcours du combattant !

1- Les “colocations solidaires” : économiser grâce à l’entraide !

Les allocations logement proposées par l’État, comme les APL, ne suffisent pas toujours à alléger les dépenses des étudiants. Pour la plupart d’entre-eux, la colocation reste la solution la plus économique puisqu’elle permet de diviser le loyer par deux. En France, la colocation étudiante représenterait d’ailleurs 40% des colocations totales du pays. Outre son avantage économique évident, la colocation permet aussi de faire de bonnes actions. Aujourd’hui, les associations  regorgent de solutions pour concilier solidarité  et loyer diminué.

En plus de coûter cher, vivre seul peut être moralement difficile. Pour l’association “Un Toit, 2 générations” la colocation intergénérationnelle est LA solution pour mettre un terme à l’isolement social. Selon un rapport de la Fondation de France datant de 2014, les personnes âgées seraient les plus touchées par l'isolement, en particulier dans les villes, où 33% d’entre elles vivent complètement seules. La solitude semble également très forte chez les jeunes : 700 000 personnes de 15 à 30 ans seraient socialement isolées. Mais la colocation intergénérationnelle, c’est quoi ? C’est tout simplement le fait qu’un étudiant et une personne âgée cohabitent pour se tenir compagnie. En ce qui concerne le loyer de l’étudiant, il est modéré par rapport à celui d’un logement traditionnel, voire gratuit si l’étudiant aide la personne âgée au quotidien. Ce mode de vie alternatif est l’occasion de vivre une expérience humaine hors du commun, très formatrice et riche, à la fois pour l’étudiant et la personne âgée.

Crédit vidéo : Chaîne YouTube Vivre Avec Logement Solidaire

Le film d’Émilie Deleuze, À deux, c’est plus facile (2009), illustre les bienfaits de la colocation intergénérationnelle à travers le personnage de Michel Galabru qui sort de l’isolement en vivant avec une jeune étudiante dynamique :

Crédit vidéo : Chaîne Dailymotion Gentside
Avec l’AFEV (Association de la Fondation étudiante pour la Ville) et son dispositif  KAPS- “Koloc’ à projet solidaire”, il est possible de réduire son loyer étudiant en menant des actions bénévoles dans les quartiers populaires. Ce système attribue à chaque colocation un projet en faveur du vivre ensemble qui se réalise à travers des missions pour le développement durable, la culture, la santé et l’éducation. Les loyers des “kapseurs” sont très avantageux puisque l’AFEV s’engage à ce qu’il soient compris entre 200 et 250 euros par mois et par personne. Le dispositif KAPS rassemblerait aujourd’hui plus de 1000 étudiants qui mènent diverses missions telles que la décoration de l’espace public, l’accompagnement scolaire, la distribution alimentaire et l’organisation d’événements littéraires.

 

Crédit image : Le service volontaire européen

2- Plateformes collaboratives : le loyer gratuit grâce à l’échange de logement !

Déménager pour ses études ? Pour certains jeunes pas tout à fait autonomes, quitter le cocon familial est parfois difficile à vivre. Mais grâce aux plateformes d’échange, il est désormais possible pour les étudiants de se loger gratuitement dans une famille d’accueil. Le principe est simple. Lorsqu’un étudiant part vivre loin de sa famille pour habiter dans une autre ville, il laisse sa chambre libre : la plateforme Swap&Study met en relation ces familles qui souhaitent occuper cet espace en “échangeant” leurs enfants le temps de leurs études. Puisque ce système repose sur l’entraide inter-familiale, il n’y a pas de loyer à payer et tout le monde est content : les parents savent leurs enfants entre de bonnes mains et les étudiants bénéficient d’une seconde famille et d’un logement gratuit.

Crédit image : Swap&Study

La plateforme StudyEnjoy, qui fonctionne à l’international, propose également l’échange de chambres et d’appartements entre étudiants. Ce dispositif d’aide à la mobilité étudiante permet aux jeunes de se loger quasi gratuitement (ils versent 1 euro par jour au site) tout en s’assurant de pouvoir récupérer leur logement d’origine à leur retour. Le principe fonctionne à la fois pour les étudiants qui vivent chez leurs parents et qui libèrent leur chambre, et pour les étudiants qui désirent sous-louer leur appartement pendant qu’ils étudient ailleurs.

Crédit image : StudyEnjoy

Crédit vidéo : StudyEnjoy (Vimeo)

3- L’essor du logement étudiant : la construction massive de bâtiments

En 2024 il y aura plus de 2,8 millions d’étudiants en France en raison du boom démographique de l’an 2000, du taux grandissant d’accès aux études supérieures des jeunes bacheliers et de la volonté de l’État français d’accueillir de plus en plus d’étrangers. En effet la France, qui est la troisième destination d’études la plus prisée au monde, accueillera d’ici là 600 000 étudiants étrangers. Avec autant de nouveaux étudiants, la crise du logement risque de s’accentuer, mais pour y faire face, nous ne manquons pas de solutions.

Créer leur propre logement de A à Z, c’est l’idée folle qu’on eu sept élèves ingénieurs bretons, lassés des résidences étudiantes, en 2015. Leur premier prototype Hélicity, leur projet d’éco-construction modulable et déplaçable, sera habitable dès le mois de novembre 2017. Au sein de la bâtisse, chacun disposera d’un large espace personnel (24m2 de privatif) et les parties communes seront spacieuses et pratiques (13m2 de commun), le tout dans une démarche écologique. Pour mettre en place leur projet, le groupe d’étudiants a investi l’argent que chacun consacrait à son loyer et a contracté un emprunt auprès des banques. Il ont aussi pu compter sur le soutien financier de leurs familles respectives, dont plusieurs membres font partie du monde du bâtiment. Une fois les travaux aboutis, le but de ces jeunes sera de poursuivre l’aventure Hélicity en commercialisant leur modèle de logement étudiant pour l’étendre sur les campus français.

Hélicity, le logement pensé “par les étudiants, pour les étudiants” :

Crédit image : Hélicity

Connaissez-vous le tiny house movement ? Ce phénomène des micromaisons, démocratisé aux États-Unis après la crise financière de 2007, prône la vie version mini dans des logements nomades et écologiques. Cette alternative aux logements traditionnels et onéreux pourrait bien être la solution à la pénurie immobilière du monde entier. Dans la ville de Lund en Suède, le centre d’hébergement étudiant AF Bostäder propose les mini-maisons BoKompakt aux étudiants en mal de logement. Chaque habitation fait 10 m2 mais reste lumineuse et agréable. Toits équipés de panneaux solaires, récupération des eaux usées, autosuffisance du système de chauffage : ces logements allient fonctionnalité et confort dans une optique écologique. Et le tout pour un loyer très abordable avoisinant les 330 euros par mois.

Les mini-logements étudiants écologiques BoKompakt :

Crédit image : Politism

Crédit image : Sapir

Les petites maisons sont populaires partout en Europe. À Berlin, Simon Becker et Andreas Rauch imaginent créer “une ville sur la ville” avec leur projet intitulé “Cabin Spacey”. L’idée des deux architectes allemands est d’ériger des mini logements dans tous les espaces inoccupés de la ville. Leurs studios de 25m2 seront construits sur les toits d’immeubles déjà existants et sur les terrains vagues. Chaque module sera en bois résineux et comportera des panneaux solaires qui fourniront l’énergie nécessaire à la consommation de l’habitation. Le principe de ces habitations est ingénieux : leur construction sera uniformisée, elles seront peu coûteuses et mobiles. On pourra même les déménager n’importe où à l’aide d’une grue. Le dispositif n’est pas encore en vigueur mais les fondateurs du projet comptent fixer le loyer mensuel de leurs cabines à 600 euros par mois ou 100 000 euros à l’achat. Mignonnes, écologiques, pratiques et économiques, ces maisonnettes pourraient bien peupler nos villes d’ici peu !

Crédit image : Cabin Spacey

Crédit image : Arquitectura

Les étudiants ne sont pas les seuls à peiner pour se loger : en 2017, 14,6 millions de personnes ont été touchées par la crise du logement en France. La question est donc d’imaginer “l’immobilier pour tous” de demain. Colocation intergénérationnelle, mini maisons mobiles, construction personnalisée… Les options sont ouvertes ! Laquelle choisirez-vous ?

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