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photographie

Focus sur le minimaliste Julian Schulze

La façade d'un immeuble tout en courbes, dont la couleur et les ombres rappellent les dunes du Sahara

Retour aux sources du Minimalisme

Parfois, moins c’est mieux. C’est en tout cas ce qu’on se dit en observant les photos minimalistes de l’artiste berlinois Julian Schulze. Les clichés présents sur son site internet sont un hommage aux détails, à ce que l’on voit mais que l’on ne regarde pas assez. Toutes ces petites choses autour de nous qui forment une harmonie inattendue. Des objets placés côte à côte par hasard mais qui demeurent dès cet instant unis et semblent inséparables. Quelques fois cette relation n’est visible que dans un certain cadre, lorsque l’on supprime tout ce qui est autour et qui nuit à cette harmonie. Au lieu de photographier un bâtiment sans charme, pourquoi ne pas s’intéresser à la petite fenêtre du rez-de-chaussée et au vélo adossé près de celle-ci sur un mur au couleurs radieuses ? Oublier tout ce qui n’apporte rien au cadre et se concentrer sur l’essentiel. En dire plus en en montrant moins. Telle est la définition du minimalisme.

 

Le regard du photographe et la volonté de confondre le spectateur

Le photographe allemand travaille exclusivement sur des formats carrés et passe souvent par un traitement postérieur au cliché pour réduire le cadre et jouer avec la luminosité. Pour accentuer le caractère abstrait de ses oeuvres, il n'hésite pas à retourner le cadre (déjà réduit), ce qui a pour effet de désorienter celui qui regarde la photographie. Selon Julian Schulze, les règles de composition du cadre que les photographes essayent de suivre au pied de la lettre ont beau être une "bonne façon de s'initier en photographie", elles peuvent facilement devenir des contraintes et "empêcher le photographe de trouver de bons angles ainsi que le vrai sujet de la photo". Ainsi, il encourage franchement à "se libérer des règles et à faire confiance à son instinct".  

Certaines compositions montrent des objets identifiables tandis que d’autres sont plus difficiles à comprendre. Ces dernières s’amusent avec les lignes qui dirigent notre regard et ressemblent parfois vaguement à des tableaux d’abstractionnisme géométriques, en particulier lorsque les couleurs sont vives. 

Crédit Photos : Julian Schulze

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