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Reuters remporte le prix Pulitzer de photographie

Une mère Rohingya pleurant son fils âgé de 40 jours, tout juste décédé après que le bateau des exilés a chaviré lors de la traversée de la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh

Crédit Photo : REUTERS/Mohammad Ponir Hossain

Des photos qui ont touché le monde entier

L’agence de presse internationale Reuters a remporté lundi soir à New York deux prestigieux prix Pulitzer, dont celui de la catégorie Photographie, pour ses clichés ayant sonné l’alerte et révélé au monde entier l’enfer de la situation des Rohingyas fuyant le Myanmar (nom birman de la Birmanie).

Les photographies ont été prises à la fin de l’année 2017. Elles ont permis de lever le voile sur une véritable tragédie qui se déroule en Asie du Sud. Les Rohingyas sont une minorité musulmane persécutée dans un pays à majorité bouddhiste, qui les considère comme des immigrés illégaux Bangladais. Victimes de traitements violents de la part de la population Birmane et des forces de l’ordre, les Rohingyas sont contraints à l’exode vers le Bangladesh. Le route pour arriver au Bangladesh est difficile et une fois là-bas, la situation déjà compliquée de cette terre d’accueil (pauvreté extrême, densité démographique, etc.) ne leur permet que de vivre dans des immenses camps de réfugiés. C'est au Bangladesh que l'on trouve d'ailleurs le plus grand du monde, Kutupalong, dans lequel 800 000 personnes vivent dans les conditions les plus misérables qui soient.

Les Rohingya, un peuple sans terres

Le gouvernement birman peine à reconnaître les violences qu’il emploie vis-à-vis des Rohingya même s’il a avoué il y a quelques mois que l’armée était responsable d’un massacre dans un petit village nommé Inn Din, le 2 septembre dernier. Elle est cependant probablement responsable d’un nombre beaucoup plus important de violences et d’assassinats, au moins suffisamment pour pousser plus de 700 000 Rohingya à rejoindre le Bangladesh rien qu’en 2017, et plus d’un million au total ces dernières décennies. Les nations unies évoquent une « épuration ethnique » et des « éléments de génocide » engagés contre ce peuple musulman persécuté.

Récemment, les dirigeants birmans ont commencé à clamer un changement dans leur pays et rappelé les rohingya à revenir en Birmanie. Mais les rohingya sont sceptiques quant à un véritable changement de leurs conditions en cas de retour. Depuis 1982, leurs libertés et leurs privilèges conférés par la citoyenneté birmane leur a été retirée, ils sont ainsi privés depuis d’un accès à l’éducation et aux soins.

Le plan d’accueil de la Birmanie ne prévoit d’ailleurs pas de retour dans les villages d’origine pour le moment mais un regroupement des Rohingya dans des camps de transit. La communauté en souffrance craint donc fort logiquement de se retrouver coincée dans les mêmes conditions mais sous le joug des forces de l’ordre birmanes.

Une femme exténuée par la traversée du golfe du Bengale dans le but de rejoindre le Bangladesh s'accroupit sur le sable mouillé. La détresse sentie par la position de la femme tranche avec le bleu du ciel au-dessus de sa tête, les nuages très clairs et les montagnes en arrière plan. Comment un si bel endroit peut-il être le théatre d'une telle tragédie ? Crédit Photo : REUTERS/Danish Siddiqui

Les vilages Rohingya ont été détruits puis brûlés en Birmanie. Crédit Photo : REUTERS/Soe Zeya Tun

Crédit Photo : REUTERS/Hannah Mckay

Crédit Photo : REUTERS/Mohammad Ponir Hossain

Un soldat Bangladais essaie de contenir les réfugiés Rohingya en attente de support humanitaire. Crédit Photo : REUTERS/Cathal McNaughton

Des enfants traversent la rivière Naf dans l'urgence en se tenant mutuellement. Crédit Photo : REUTERS/Adnan Abidi

Une femme exténuée par l'exode supplie les autres migrants de l'aider. Crédit Photo : REUTERS/Hannah McKay

Un enfant de 7 ans blessé par balle à la poitrine peu avant de traverser la frontière en août est porté par son père à la sortie de l'hopital. Crédit Photo : REUTERS/Adnan Abidi

Une mère Rohingya pleurant son fils âgé de 40 jours, tout juste décédé après que le bateau des exilés a chaviré lors de la traversée de la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh. Crédit Photo : REUTERS/Mohammad Ponir Hossain

Deux feuilles de bétel recouvrent les yeux d'un bébé Rohingya mort après avoir contracté une maladie en raison des conditions dans lesquelles vit sa famille. Crédit Photo : REUTERS/Damir Sagolj

Crédit Photo : REUTERS/Danish Siddiqui

Kutupalong, le camp de migrants le plus peuplé du monde, au Bangladesh. Il accueille près de 800 000 réfugiés. Crédit Photo : REUTERS/Samir Sagolj

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