]
photographie

Yoriyas, le photographe marocain qui monte

l'artiste Yassine Alaoui, allongé sur le dos photographiant son reflet dans ce qui semble être un miroir perché

Un parcours atypique mais pas illogique

Yassine Alaoui, aussi connu sous le nom de Yoriyas, est un jeune photographe de rue marocain qui gagne en notoriété depuis quelques années et se fait peu à peu une place parmi les références de son secteur. Autodidacte, il a eu plusieurs passions dans la vie qui l'ont mené finalement à se concentrer sur la photographie. Il pratiquait les échecs depuis l'âge de 5 ans, ce qui lui donna un goût pour les mathématiques qu'il entretiendra jusqu'à l'adolescence. Puis, le hip-hop entra dans sa vie, et la danse devint sa principale passion. C'est au cours de ses voyages pour des compétitions de danse qu'il se découvrit un penchant pour la photographie, et c'est alors qu'il commença à se perfectionner dans cet art qui l'attirait tant.

Aujourd'hui, à seulement 31 ans, il est un habitué des finales de salons célèbres de la photographie et a déjà remporté plusieurs premiers prix, dont le prix de la photographie méditerranéenne 2016 et le prix des nuits photographiques d’Essaouira de la même année. Il a par ailleurs été cité quelques fois par des grands médias internationaux tels que The Guardian, National Geographic ou encore The New York Times.

Un travail sincère et plein de gaieté

Son travail est essentiellement basé sur les contrastes aussi bien dans les situations de la vie quotidienne que dans les couleurs ou les lumières. Ce sont des photographies qui jouent avec nos yeux et avec notre esprit. En général, on remarque directement que quelque chose d’intéressant ou d’original est caché dans le cadre mais on met quelques secondes à s’apercevoir de l’astuce ou du clin d’œil.

La série de photos la plus remarquable est sans doute "Casablanca not the Movie". C'est une collection de photos des rues de Casablanca dans laquelle il essaye de démonter les clichés sur lesquels s’est construite la légende du film du même nom sorti dans les années 40. Film d’ailleurs dont le tournage n'a jamais eu lieu au Maroc mais dans un studio à Hollywood. Il voit dans son travail une sorte de témoignage sincère et personnel de sa ville, de la part de l’enfant de Casablanca qu’il a été et l’habitant qu’il est aujourd’hui.

Un épisode malheureux auquel il a décidé de répondre par l'art

Il y a quelques semaines, alors que cette même série était ouverte à tous gratuitement dans une exposition sur les rives du Rhône à Meysse, ses photographies ont été vandalisées de nuit par des personnes dont on ne connait pas l’identité mais qui ont apposé l’anagramme du Front National sur ses œuvres.

Après cet épisode malheureux, l’association Présence(s) Photographie a décidé d’installer une deuxième exposition de l’artiste avec une nouvelle série de photos issues du projet « Casablanca not the movie ». L’exposition a, pour l’occasion, été rebaptisée « L’heure du dialogue » et se tient du 26 mars au 22 avril à Meysse. Une réponse artistique, donc, à la violence et à la dégradation.

Les photographies de l’artiste sont à découvrir sur son site internet ou sur son compte Instagram, sur lequel il poste régulièrement de nouvelles merveilles.

Les deux dernières images sont des photos de l'exposition de Yoriyas vandalisée à Meysse

Crédit Photos : Yoriyas (Yassine Alaoui Ismaili)

Publiée le