Tsuyoshi Fukuda nous parle de son rôle à la tête de Meero Japan

Corporate
5 nov. 2020 par Joy Habib
8 MIN

Pas facile de réussir au Japon pour une entreprise étrangère.

Certaines, comme Apple et Microsoft, ont réussi à pénétrer le marché au bout de plusieurs années. En 2007, Apple a eu du mal à vendre l'iPhone au Japon, mais sa persévérance a payé. Aujourd’hui 60 % des consommateurs japonais ont un iPhone. Alors que Nokia dominait le secteur de la téléphonie mobile mondial avec 40 % de part de marché, il en possédait moins de 1% au Japon et a fini par se retirer du marché. 

Tsuyoshi Fukuda en sait quelque chose : il a des années d'expérience dans les filiales japonaises de sociétés internationales renommées. Après avoir travaillé plusieurs années pour de grandes multinationales telles que Dell, Microsoft et Nokia, il a fondé les bureaux japonais de la société américaine Fitbit, spécialisée dans la health tech. 

C'est là que Tsuyoshi Fukuda a découvert sa passion des start-ups. Rien de plus exaltant que d'être responsable de l'expansion d'une nouvelle entreprise sur le marché japonais. Lorsque Meero lui a proposé de prendre les rênes de ses bureaux japonaise, il n'a pas hésité. 


Un an plus tard, Tsuyoshi est toujours aussi motivé par sa fonction de General Manager de Meero Japan. Il dirige une petite équipe aux multiples facettes : entre les operations managers, les spécialistes de la production et le service client, l'équipe est suffisamment diversifiée pour gérer tous les besoins commerciaux de la région APAC. 


Tsuyoshi est un expert de la prestation de services de haute qualité sur un marché très exigeant. Il a accepté de nous parler de l'adaptation d'un modèle commercial international aux attentes locales et de l'importance de la confiance dans les affaires au Japon.  

La confiance avant tout

Le Japon est l'une des plus grandes économies mondiales, mais c'est un marché qui reste très traditionnel et conservateur. La plupart des gens avec qui vous êtes amenés à travailler sont japonais, et très peu de gens parlent anglais. Il est difficile de se faire une réputation. 

Malgré le tableau que Tsuyoshi Fukuda dresse de la situation au Japon, il a contribué à faire reconnaître la marque Meero au Japon. Sa réputation personnelle en tant que professionnel de la technologie dans des entreprises renommées l'a aidé à se faire connaître et à atteindre des clients, des employés et des photographes potentiels. 


Son rôle consiste en grande partie à sensibiliser ses clients japonais aux possibilités qu'offrent la technologie et les contenus visuels de qualité.

Le fait que Meero soit une entreprise fondée à Paris est un argument important. Le mot-clé de la French Tech est nouveau pour les Japonais. Les gens pensent à tort que les entreprises informatiques innovantes doivent venir de la Silicon Valley, mais on sait de plus en plus que la France est un hub de la technologie européenne.

Étonnamment, le Japon n'est pas aussi avancé sur le plan technologique qu'on le croirait, mais le gouvernement tente activement d'accélérer la numérisation. 


"Beaucoup d'entreprises japonaises utilisent encore le fax ! Nous utilisons beaucoup de papier ici...", dit Tsuyoshi.

À cet égard, Tsuyoshi estime que des entreprises comme Meero ont un grand rôle à jouer sur le marché japonais. Il aide ses clients à mieux gérer leurs visuels en ligne. Il considère Meero comme une entreprise "Visual Tech". Ce mot-clé percutant lui a permis de mieux positionner l'entreprise. 

La mission de Meero ne se limite pas aux photos. Tsuyoshi Fukuda veut faciliter la transformation digitale de ses clients sans renoncer à la cohérence et à la qualité de leurs contenus visuels. Le résultat final est une augmentation de la productivité et des revenus. Et ça marche : des clients prestigieux tels que le groupe immobilier Mitsui Real Estate ont pu constater l'impact de la Visual Tech sur leurs résultats. 

La réticence des Japonais à faire des affaires avec une entreprise qu'ils ne connaissent pas a un bon côté : une fois qu'ils ont la preuve de votre efficacité, ils ont généralement tendance à être très fidèles. C'est pourquoi Tsuyoshi mise tout sur la qualité des services fournis par Meero Japan. La confiance avant tout !

Les couleurs de l'arc-en-ciel 

La standardisation des opérations et des processus commerciaux par-delà les frontières pose de nombreux défis. Des sociétés multinationales comme Microsoft, Coca-Cola et Procter & Gamble ont réussi à le faire, mais cela leur a pris plusieurs décennies. Meero est une start-up de 4 ans qui a déjà connu une croissance internationale et qui doit savoir se montrer agile. 

Bien qu'il ait rejoint une entreprise française, Tsuyoshi Fukuda ne se sent pas poussé à agir "à la française" dans ses rapports quotidiens avec les clients. À cet égard, Meero Japan est une entité locale qui travaille à répondre aux attentes de ses clients locaux.  

Il est important de respecter les normes photographiques de Meero, mais nous devons avant tout écouter nos clients. Par exemple, à Paris, il est déconseillé d'utiliser le flash pour les photos culinaires, mais au Japon, la plupart des plateformes de livraison de nourriture demandent des photos avec flash. Notre rôle est de prendre en compte leurs attentes lors de l'élaboration de nos directives locales en matière de photographie et de nos tarifs.

C’est un équilibre à chercher entre les guidelines internationales et les attentes locales. Et on ne peut pas se passer de confiance et de compréhension mutuelles.

"Combien de couleurs y a-t-il dans un arc-en-ciel ?" , plaisante Tsuyoshi. 

Si vous êtes européen, vous répondrez peut-être 5 ou 6. Mais au Japon, c'est 7. Lorsque les mêmes mots ont une signification différente d'un pays à l'autre, il est souvent nécessaire de s'assurer explicitement des significations des mots dans le contexte culturel, linguistique et national de chacun. 

"Les malentendus sont souvent le principal obstacle à la croissance".

Le manager chef d'orchestre 

Lorsqu'on interroge Tsuyoshi Fukuda sur sa carrière, on se rend vite compte de l'ampleur de sa passion. Tsuyoshi tient à ce que les performances de Meero soient exceptionnelles à chaque fois. Et il sait que ses collaborateurs sont ses meilleurs atouts. Il considère que le rôle d'un manager ressemble à celui d'un chef d'orchestre :

Je dois bien connaître mes collaborateurs et comprendre ce qui se passe afin de fournir un morceau de musique harmonieux. J'ai besoin de savoir s'ils sont fatigués, s'ils sont motivés, ce qu'ils ressentent.

Il affirme que la pandémie l'a poussé à trouver le bon équilibre entre le travail à distance et le fait d'avoir suffisamment d'interactions en direct avec ses employés. 

“Pendant le semi-confinement au Japon, tous les membres de mon équipe ont été encouragés à travailler à distance parce que leur sécurité est primordiale. Mais je sais aussi qu'il est important de passer du temps ensemble afin d'unifier l'équipe. Ce ne serait pas si important si nous travaillions dans une très grande entreprise où beaucoup de structures sont déjà en place, mais pour nous, c'est vital.” 

La plupart de ses objectifs, dit-il, ne peuvent être mesurés par des KPI. 

Pour certains, les KPI passent avant tout, mais pour moi ce sont les clients qui sont prioritaires. S'ils sont satisfaits de nos services, ils nous seront fidèles. Nous devons nous engager à surveiller la satisfaction du client quotidiennement.

Et c'est là que la passion de Tsuyoshi fait toute la différence. Il insiste pour que tous les membres de Meero Japan ainsi que lui-même se rendent sur les lieux des photoshoots afin d'être à l'écoute des hôtes et des photographes et de s'assurer que la qualité est à la hauteur des attentes du client. Il passe beaucoup de temps à essayer de comprendre la logistique des photoshoots afin de s'assurer que tout se déroule sans accroc : quand le photographe arrive-t-il, quand la nourriture sera-t-elle livrée, combien de temps faudra-t-il pour l'emballer...
C'est comme cela qu'il parvient à déterminer le bon tarif et à connaître la véritable valeur ajoutée de Meero. C'est aussi ce qui lui permet d'introduire de nouveaux services qui répondront aux besoins des clients. Par exemple, il a mis en place le staging virtuel, qui permet aux acheteurs potentiels de voir à quoi ressemblerait une pièce avec ou sans mobilier. Ce sont ses clients qui lui ont soufflé l'idée. Cette innovation a permis à Meero Japan de réaliser 10 % de ventes supplémentaires, une véritable situation win-win  !
Tsuyoshi travaille sans relâche à l'amélioration de ses produits. Certaines de ses idées ont connu un grand succès auprès de ses clients et des équipes Meero, comme le walkthrough 3D ou le service de récupération de clés qui s'est avéré très utile en temps de COVID. 
La raison principale pour laquelle Tsuyoshi Fukuda a choisi de rejoindre Meero est qu'il est inspiré par le dynamisme et la créativité des jeunes. À 49 ans, il est plus âgé que la moyenne des meeronautes et cela lui donne l'occasion d'écouter attentivement ce que la jeune génération a à dire. 

Je ne veux pas être le vieux monsieur ! Je peux apporter un point de vue différent grâce à mon expérience. Quand cette expérience est associée à de jeunes idées fraîches et de l'innovation, nous pouvons créer quelque chose de vraiment unique et précieux.

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